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 SIX QUESTIONS À PIERRE DELETTRE, ORGANISATEUR

« Le plus beau parcours jamais tracé »

Pierre, comme se présente cette dixième édition déjà en Legend, la première à Bastogne ?

« Très bien. Malgré le déménagement et toujours la crise, nous avons un poil de plus d’engagés qu’en 2014 puisqu’on approche le nombre limite de 250. L’affiche est plus relevée que l’an dernier aussi. Enfin, le parcours est certainement le plus beau que j’ai eu l’occasion de tracer dans toute ma carrière en Belgique. »

Parlez-nous justement un peu de ce parcours justement…

« Il y aura 18 RT dont neuf différentes pour un total de 200 km chronométrés ce qui fait tout de même 25% de plus qu’il y a douze mois. Tous les secteurs chronométrés font entre 7 et 17 km. Nous avons deux étapes forestières secrètes et 30% de bonne terre ce qui constitue également une grande première en Belgique. Pour faire la transition, on a gardé deux grandes classiques des Boucles de Spa dont le juge de paix… Ce n’est pas trop dur à deviner. Notre nouveau terrain de jeu est exceptionnel. Il nous faudra 20 ans avant d’avoir un problème pour se renouveler. Il y a des demandes de pas mal de communes et j’ai déjà dix autres tracés prêts pour 2016. Enfin, pour fêter les dix ans, nous réorganisons un prologue le vendredi soir, histoire de pouvoir passer une bonne soirée en regardant passer toutes les voitures sans courir d’un endroit à l’autre. Je vous garantis que les absents auront tort. Et que l’an prochain, avec le bouche à oreille, nous aurons encore plus de voitures au départ.»

Seul hic, les secrets ont de plus en plus de mal à être gardés et les tracés de certaines spéciales circulent déjà sur le net tandis que certaines cordes d’étapes dites secrètes se creusent…

« Il ne faut pas rêver. Les fuites sont inévitables tant on doit donner le parcours deux mois à l’avance à une série d’administrations : la commune, la police, les pompiers, l’administration régionale des, les TEC, le 112, Fluxy,.. En tout cas, ce n’est pas moi qui le donne ! Que les tricheurs fassent toutefois bien attention. Il y a des fakes, de faux tracés. Et puis les chicanes ne figurent pas sur les cartes. Enfin, nous allons opérer de sévères contrôles, avec l’aide des autorités locales, avant et pendant le rallye. Le premier qui sera pris sur un parcours secret sera lourdement sanctionné, les pénalités pouvant aller jusqu’à l’exclusion. Et idem pour ceux qui sortiront des notes pendant le rallye. On a même prévu des fouilles… »

Quelques mots sur le plateau ?

« Cette année on aura deux pilotes étrangers issus du WRC avec les retours de l’Ecossais Alister McRae et du grand Markku Alen en Fiat 131 Abarth. Et côté belge, on a la chance de pouvoir réunir encore une fois les Trois Mousquetaires Duez-Snijers-Droogmans grâce à la complicité de Christian Kelders et de Kris Perdu que je voudrais remercier ici. Sans oublier François Duval bien sûr qui visera la passe de trois, mais aussi les autres anciens vainqueurs Bruno Thiry, Bernard Munster, Jean-Pierre Van de Wauwer ou Marc Timmers. On a fait les numéros le week-end dernier et l’on dénombre sept équipages étrangers et dix modèles différents dans le Top 20.»

 

 

Qu’espérez-vous pour cette édition 2015 ?

« De la neige pour que ce soit de vraies Legend. Ici, ils sont aussi bien équipés pour dégager les routes que dans les stations de ski. Et puis, je voudrais qu’un grand nom étranger réinscrive son nom au palmarès pour le retentissement international de notre épreuve. Cela fait tout de même 20 ans maintenant, depuis François Chatriot en 1994, qu’un étranger ne s’est plus imposé. L’arrivée à Bastogne pourrait mettre fin à la chasse gardée des Belges. »

Vous doutiez vous que vous alliez être aussi vite remplacé à Spa et la mise sur pied du Spa Rally vous énerve-t-elle ?

« Je mentirais en prétendant le contraire. Je ne suis pas énervé, je suis écoeuré quand je vois le soutien financier qu’accorde désormais la ville aux nouveaux organisateurs. C’est du jamais vu en Belgique, totalement démesuré. D’ailleurs d’autres organisateurs de manifestations spadoises râlent. Quand je vois ce qu’il se passe, je me dis que j’ai vraiment bien fait de partir. Je suis aujourd’hui convaincu que le manque quasi-total de soutien était personnel et lié à des affaires privées. »